"Le loup vert"
Sculpture-mosaïque sur bois flotté
Pascal Levaillant
mosaïste d'art
Yvetot
Seine Maritime
Haute Normandie
France
Le loup-vert - Sculpture mosaïque sur bois flotté - © 2010
En 2006, l’idée de la sculpture-mosaïque m’est venue après avoir vu que les formes de bois flotté trouvées échouées sur le littoral de la côte d’Albâtre pouvaient évoquer des abstractions, des formes humaines ou animales.
Après avoir œuvré « l’heure bleue » j’ai adopté la posture du chercheur de bois flotté à l’image du chercheur d’or.
La nature dicte la forme : Lentement, les éléments érodent la matière qui se transforme.
Le sculpteur quant à lui interprète la structure, il l’évide, il l’épure et enfin il la pare de tesselles de verre tel le styliste.
Le concept du bestiaire m’est venue de la forme d’une écorce d’arbre ainsi est né l’éléphant-loup.
Puis vint le Tigre Préhistorique, le Minotaure, le Chaméléon et récemment le "Loup Vert", tous issus de la mythologie, de la préhistoire ou des légendes.
Le loup-vert - Sculpture mosaïque sur bois flottés - © 2010
Symbole de la faune locale des temps jadis, le loup vert réapparait en Haute Normandie.
Il s’inspire de la représentation du loup vert visible dans le vitrail de Max Ingrand de l’église d’Yvetot.
Cette renaissance vient en contrepoint de la légende du loup vert de Jumièges encore bien répandue et bien connue des normands. (An 648)
Parmi les légendes de Normandie subsiste celle du loup,
je cite:
« Pendant que Saint Philibert fondait l’abbaye de Jumièges, il créait à six lieux, à Pavilly, une abbaye de femmes que devait diriger Sainte Austreberthe. D’un commun accord, le monastère de Pavilly fut chargé de l’entretien du linge des moines de Jumièges. Pour porter le linge d’une abbaye à une autre, on avait trouvé dans la Normandie de ce temps-là, un âne assez intelligent pour faire le travail seul, et pendant de longues années il fit régulièrement à travers la forêt ses voyages d’aller-retour.
« Un soir, Austreberthe et ses soeurs attendirent en vain le messager. Le lendemain, l’abbesse fait à rebours le chemin que parcourait l’âne. En pleine forêt, elle aperçoit du linge éparpillé, plus loin des fragments de bissac : nul doute, le porteur a été tué, et par un loup, car les moines ont purgé la forêt de toute autre espèce de fauves. De cette voix merveilleuse qui obtenait l’obéissance des bêtes fauves de la forêt et des religieuses de sa communauté, Sainte Austreberthe appelle le loup. Il vient. Longuement et minutieusement interrogé, il nie, car à ce moment là les bêtes parlaient (elles parlent encore, mais nous manquons de simplicité pour les comprendre). Il avoue enfin, Austreberthe lui fait un ample sermon : »Frère Loup, vous êtes un assassin ; bien sûr, vous avez l’excuse d’être une bête, mais as-t-on le droit d’être bête au point de tuer ses semblables ? Vous êtes un assassin, et vous méritez la mort ; toutefois, comme vous semblez avoir une contrition sincère et une volonté ferme de renoncer à votre vie de bandit, je vous pardonne, mais il vous faudra faire pénitence, et pour cela remplacer en sa charge de messager l’âne que vous avez dévoré… » Et jusqu’à son dernier jour le loup accomplit sa
pénitence avec un sérieux et une componction qui firent l’édification des deux communautés »
Abbaye de Jumièges- Textes rédigés par Aloys Aubertin -
Producteur L.-A.Berdoll – Jumièges – Duclair 1973
Ce "loup vert" a été exposé la première aux Hivernales de Bonsecours en 2011, puis en mars 2011 à la médiatèque de la CCRY d'Yvetot et de sa région puis est en ce moment au Parc Naturel Régional des boucles de la Seine normande du 17 juin au 22 décembre 2011.
Je lui souhaite une longue vie.
à bientôt
Mélo
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